ADAF asbl

Communiqué N°25

22/12/2008 22:00

Le monde à l’envers

Le Roi a donc finalement accepté la démission du gouvernement. Certains s’étonneront du fait qu’il ait fallu 72 heures pour que cette démission devienne effective.

Il semble qu’il se trouvait encore plusieurs hommes politiques pour considérer qu’il valait mieux, malgré des soupçons accablants et une rare unanimité des médias contre lui, qu’Yves Leterme reste en place.

Pas trop étonnant quand on entend le sénateur Delpérée déclarer sur RTL que « si Leterme n’avait pas commis la maladresse d’adresser une lettre au Ministre de la Justice, il n’y aurait pas eu de démission et nous ne serions pas sur ce plateau aujourd’hui ». Autrement dit, si Yves Leterme n’avait pas maladroitement avoué à demi-mot de graves dysfonctionnements, on aurait continué comme si de rien n’était. Dans la bouche d’un constitutionnaliste, ces propos font froid dans le dos.

Le même jour, Charles Michel et Armand De Decker, toujours sur RTL, mais aussi Melchior Wathelet sur la RTBF, attaquaient joyeusement le premier président de la Cour de cassation évoquant successivement : « un manque de déontologie, une attitude troublante, un manque de preuves dans les propos tenus par Monsieur le Président Londers ».

On croit rêver, c’est vraiment le monde à l’envers !

C’est évidemment l’occasion de souligner à nouveau le courage du Procureur du Roi Monsieur Paul Dhayer ainsi que des deux magistrats que sont Ghislain Londers, premier président de la Cour de cassation, et Monsieur Paul Blondeel, président de la 18e chambre de la Cour d’appel. Ces représentants du monde judiciaire doivent savoir qu’ils ont le soutien et l’admiration de bien des Belges.

Difficile par contre d'éprouver actuellement un sentiment d'admiration envers les personnalités politiques du gouvernement démissionnaire, tant l'éventualité de se remettre en question leur semble étrangère.

De son côté, l’ex-ministre des Finances devrait avoir l’élégance de Jo Vandeurzen, c’est-à-dire se retirer. Son parti semble étrangement déterminé à le couvrir à n’importe quel prix et cela pendant que le principal intéressé se livre à des pirouettes inconcevables il y a quelques jours à peine, du style : « Mais oui, on est prêt à négocier avec les actionnaires. Après tout, la seule chose qu’ils veulent, c’est de l’argent ! ».

Il semble que Monsieur Reynders n’ait toujours pas compris que la colère des actionnaires n’est pas seulement provoquée par des considérations financières mais aussi, voire surtout, par le manque absolu et permanent de transparence dans la gestion de ce dossier. Qu’ils le veuillent ou non, et quel que soit le futur gouvernement, les responsables de ce grand cirque, qui ont finalement entraîné sa chute, devront tôt ou tard assumer leurs responsabilités.

Il est clair que seule une commission d’enquête portant sur l’intégralité du dossier FORTIS (dont le MR ne veut pas...) pourra faire éclater la vérité.

Si on lui laisse faire son travail en toute indépendance...

Espérons en tout cas que le retour inattendu du septuagénaire Wilfried Martens, Premier ministre pendant plus de douze ans de notre pays, débouchera sur une solution rapide et durable à la crise actuelle.



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