ADAF asbl

Communiqué N°37

10/03/2009 18:00

Le gouvernement a imposé BNP Paribas à FORTIS holding

L'ADAF a eu, depuis le 11 février jusqu'au 6 mars inclus, des contacts privilégiés et quasi quotidiens avec Monsieur De Mey, le président de Fortis holding. La plupart de ces contacts s'étant tenu rue Royale ou téléphoniquement.

Nous tenons à faire savoir que Monsieur De Mey a subi durant toute cette période des pressions importantes qui l'ont mis dans l'impossibilité de remplir la mission que le 3 fois non, prononcé à l'assemblée générale extraordinaire du 11 février, lui imposait.

Ce triple non rejetait, entre autres, le rachat par BNP Paribas de la banque Fortis.

Il devait donc clairement étudier avec le gouvernement la possibilité d'un stand-alone de Fortis Banque en partenariat avec Fortis holding.

Il le savait, mais il en fut empêché par Messieurs Luc Coene (vice-gouverneur de la Banque Nationale de Belgique) et Pierre Wunsch (directeur de la cellule stratégique du ministre des Finances) du comité de pilotage, ainsi que par Messieurs Van Rompuy et Reynders.

A plusieurs reprises, Monsieur De Mey nous a signalé qu'il n'arrivait pas, ne fut-ce qu'un instant, à évoquer le sujet du stand-alone et de ses conséquences pour Fortis holding. Messieurs Coene et Wunsch lui indiquant systématiquement qu'ils avaient un mandat  du gouvernement pour que le deal BNP Paribas soit finalisé et pour rien d'autre.

Le 20 février, Monsieur De Mey nous informa qu'il avait rencontré le Premier ministre et le ministre des Finances et que malgré le vote négatif des actionnaires, il n'était pas question pour eux d'aborder le sujet d'un éventuel stand-alone. Monsieur Reynders précisa à Monsieur De Mey, brandissant un contrat signé par les anciens administrateurs de Fortis holding, que c'était BNP Paribas ou le chaos. En clair, il fut dit à Monsieur De Mey d'obtempérer en marquant son accord sur le deal BNP Paribas ou alors que les conséquences seraient catastrophiques pour Fortis holding…

Monsieur De Mey s'est plaint à plusieurs reprises de cet état de fait. Nous lui avons alors conseillé de faire une conférence de presse afin d'expliquer la situation dans laquelle il se trouvait. En effet, les actionnaires ayant obtenu un non lors de la dernière AGE risquaient de ne pas comprendre son attitude. Il trouva l'idée intéressante mais ne l'accepta pas car " il craignait le pire pour le holding " dans ce scénario d'opposition frontale au gouvernement.

Nous lui avons dès lors suggéré de rencontrer les présidents de l'Open VLD, du cdH et du PS pour qu'il puisse leur expliquer la position délicate dans laquelle il se trouvait. Le CD&V, par la bouche de Monsieur Van Rompuy, et le MR, par Monsieur Reynders, avaient déjà clairement  affiché leurs exigences.

Nous avons donc pris les contacts nécessaires avec l'Open VLD, le cdH et le PS. A notre connaissance, malgré notre insistance et un fax envoyé par Monsieur De Mey le 28 février aux trois présidents de ces partis, le cdH ne donna pas suite. Par contre, Monsieur Di Rupo et Monsieur Somers ont reçus Monsieur De Mey le 3 mars.

Le lendemain, Monsieur De Mey nous a confirmé ces entretiens en nous expliquant qu'il en ressortait clairement que le PS et l'Open VLD étaient favorables à ce que des discussions soient engagées sur l'hypothèse d'un stand-alone.

Il a cependant ajouté qu'il ne comprenait plus rien à la situation. " Godverdomme, 't is ongelooflijk " s'est-il écrié en s'étonnant que le gouvernement ne mette pas à profit les dernières exigences scandaleuses de BNP (garanties supplémentaires de l'Etat belge pour plusieurs milliards, régime fiscal privilégié, …) pour mettre un terme final aux négociations.

Le lendemain, la messe était dite et quarante-huit heures plus tard, Monsieur De Mey, contrairement aux promesses qu'il nous avait catégoriquement faites, apposait sa signature sur les fameux accords " améliorés ".



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