ADAF asbl

Communiqué N°42

28/04/2009 01:38

Aux armes citoyens

La démocratie est aux abois et la Belgique se meurt.

Après, entre autres, les pressions exercées sur la justice, les menaces de faillite de l’ex-Premier ministre, la condamnation de l’État pour voie de fait, le chantage exercé par le gouvernement à l’encontre de Fortis holding, les menaces adressées à Paul Dhayer, procureur du Roi, par Me Van Buggenhout, l’avocat de l’État, et après la tentative des 125 millions d’actions à l’assemblée générale du 11 février 2009, voici maintenant des menaces proférées par Pierre Wunch via Baudouin Velge, le directeur de la société Interel. Elles sont symptomatiques du mal incurable dont souffre notre pays.

Les méthodes utilisées par le chef de cabinet du Monsieur Reynders font froid dans le dos. Il n’y est en effet pas allé par quatre chemins en indiquant à l’ancien directeur de la Fedis que tous ceux qui soutiendraient le non seraient mis sur une liste noire (blacklistés). Émanant du Ministère des Finances, la menace a de quoi donner des frissons à tous ceux qui n’ont guère envie de devenir la cible du SPF Finances.

Pour rappel ou pour information, voici le texte de cet e-mail daté du mercredi 22 avril 2009 à 12h11.

Chers tous,
 
J’ai eu ce matin deux contacts intéressants : Pierre Wunsch (Reynders) et Jean-Lou Siweck (Juncker)
 
Wunsch a été très clair :
 
•         Le premier ministre fera une déclaration à ce sujet à la chambre cette après-midi.
•         Si le « non » l’emporte la banque sera 100% stand alone.  L’état n’entrera pas dans le schéma proposé.
•         Les signataires d’un appel éventuel au non seront « blacklistés » (sic).
 
Siweck a laissé entendre qu’ils étaient au courant du projet « parce qu’ils lisent les journaux belges » (sic).
L’état luxembourgeois est 100% derrière le projet BNPP.  En cas de non, ils prendront acte.
 
En résumé : aucun revirement à prévoir d’ici mardi.
 
Bien à vous.
 
Baudouin



En tout cas, la méthode est efficace puisque depuis que cette menace a été proférée, les personnalités qui souhaitaient apporter leur soutien moral au plan B de Mischaël Modrikamen et de Deminor font preuve de la plus extrême prudence. Du coup, la page spéciale carte blanche, appuyée par les signatures des dites personnalités, qui était prévue dans certains quotidiens de samedi dernier, n’a pu être réalisée.

Alors que du côté flamand, De Morgen et d’autres medias y consacraient leur une, du côté francophone seuls la RTBF et RTL relayaient l’information. Le Soir accordait la quasi-totalité de sa première page à Albert Frère et la Libre faisait l’impasse sur ce scandale. Quant à la Dernière Heure, dans un petit article de son journal du dimanche, elle titrait un prudent : « Blacklist ou pas Blacklist ? ». Et que dire du parti pris quasi systématique du journal L’Echo dans cette affaire ?

Il semble qu’il y ait des sujets délicats que certains médias francophones n’ont pas envie d’aborder.

Mais ce qui impressionne le plus, c’est le climat de peur qui règne actuellement dans ce qu’il reste du pays. Bien que révoltés par de tels procédés, beaucoup de personnes nous ont d’ailleurs conseillé, parfois de façon très insistante, de taire ces procédés scandaleux. Dans notre intérêt paraît-il…

C’est pourquoi Christian Herin, le porte-parole de l'ADAF, a décidé de déposer plainte pour abus d’autorité publique et participation ou complicité à une escroquerie (lien : http://www.adaf.be/documents/2009-04-27%20Plainte.pdf).

Pour conclure sur les assemblées de ces 28 et 29 avril 2009, nous invitons ceux qui se demandent pourquoi nous persistons à être pour le non à lire la page 5 du rapport des réviseurs sur les comptes de Fortis holding 2008.
Sous le titre « paragraphes explicatifs », les réviseurs, qui généralement ne se lancent pas dans de telles déclarations, précisent que Fortis holding pourrait se retrouver en cessation d’activités.
 
Cela confirme que voter oui est suicidaire alors que le non obligerait, que certains ministres le veuillent ou non, à négocier avec les actionnaires.



Tous les communiqués